Formation et travail : se former n’est plus une option, mais une stratégie de continuité professionnelle

Ces dernières années, la formation est devenue l’un des thèmes les plus présents dans le débat sur le travail.
On parle d’upskilling, de reskilling, d’apprentissage continu, de nouvelles compétences.
Mais comment est-elle réellement vécue par les individus ?
Les données de Persone & Lavoro 2026, l’étude menée par AxL, agence pour l’emploi, auprès de plus de 1 500 personnes dans toute l’Italie ayant envoyé leur CV, offrent une photographie concrète : la formation n’apparaît pas comme une valeur abstraite ni comme une simple déclaration de principe.
Plus qu’un avantage, elle est perçue comme un levier concret pour maintenir son employabilité, s’adapter aux changements et rester compétitif sur le marché du travail.
La formation ne divise pas les générations
L’un des éléments les plus intéressants concerne la diffusion transversale de la formation.
Dans toutes les générations, plus de 80% des personnes déclarent avoir utilisé, au cours des 18 derniers mois, des outils de formation pour améliorer leurs compétences :
- Baby-boomers : 85%
- Génération X : 84%
- Millennials : 85%
- Génération Z : 82%
Ce constat suggère une lecture importante : la formation n’est pas une pratique réservée aux plus jeunes, ni un sujet exclusivement lié à la transformation numérique.
Elle constitue une nécessité partagée tout au long du cycle de vie professionnelle.
Ce qui évolue, ce n’est pas sa présence, mais la manière dont elle est utilisée.
Se former, oui, mais différemment
L’analyse met en évidence des approches différenciées selon les générations.
Les personnes ayant une plus grande expérience professionnelle accèdent plus souvent à des parcours structurés, liés à leur fonction ou proposés par leur organisation.
À l’inverse, les Millennials et la Génération Z recourent davantage à l’auto-apprentissage et à des parcours choisis de manière autonome.
Cela ne signifie pas que les organisations investissent uniquement dans les profils seniors, ni que les jeunes générations se forment davantage.
Il s’agit plutôt d’un rapport différent à l’apprentissage.
Pour les personnes évoluant dans des environnements professionnels consolidés, la formation tend à être intégrée aux processus organisationnels.
Pour celles qui se situent en début ou en milieu de carrière, elle devient plus souvent une responsabilité personnelle et continue.
La formation accompagne ainsi les différentes phases de la vie professionnelle, en s’adaptant aux contextes, aux opportunités et aux besoins.
Un lien de plus en plus non linéaire entre études et travail
Un autre élément significatif concerne le lien entre le parcours d’études et l’activité professionnelle.
Les générations plus âgées présentent plus fréquemment des parcours professionnels non directement liés à leurs études initiales.
Chez les Millennials et la Génération Z, on observe en revanche une attente plus forte de cohérence entre formation initiale et emploi, même si cette continuité ne se concrétise pas toujours.
Ce constat ne traduit pas nécessairement une rupture ou une déception.
Il met plutôt en évidence le caractère de plus en plus non linéaire des trajectoires professionnelles, toutes générations confondues.
Dans un marché du travail toujours plus dynamique, la formation initiale ne suffit plus à définir un parcours stable dans le temps.
Les compétences techniques avant tout
Lorsque les individus choisissent de se former, que recherchent-ils réellement ?
Les données montrent une nette prédominance des formations liées aux compétences techniques et aux mises à jour directement applicables dans le travail.
Les soft skills et le développement personnel sont présents, mais restent secondaires.
Il s’agit d’un résultat intéressant, car il s’écarte, au moins en partie, des discours internationaux qui mettent surtout l’accent sur le leadership, la communication et les compétences relationnelles.
Cela ne signifie pas que les soft skills soient jugées peu importantes.
L’analyse révèle plutôt une approche pragmatique de la formation, orientée vers des compétences immédiatement mobilisables dans le travail.
Les personnes qui investissent du temps et des ressources dans l’apprentissage privilégient les compétences perçues comme directement utiles pour renforcer leur employabilité et maintenir leur pertinence professionnelle.
La formation comme levier de continuité
L’aspect peut-être le plus significatif concerne la signification attribuée à la formation.
Le rapport montre que les individus ne se forment pas pour accumuler des titres ou des certifications.
Ils le font pour maintenir leur continuité professionnelle, actualiser leur profil et réduire le risque d’exclusion du marché.
La progression professionnelle demeure une motivation transversale, mais la formation est avant tout perçue comme un outil concret pour suivre le rythme du changement.
Pour les organisations, cela implique que la formation ne peut être considérée uniquement comme une initiative RH ou un levier de réputation.
Elle représente de plus en plus un facteur influençant :
- la motivation,
- la perception de stabilité,
- la confiance envers l’organisation,
- la capacité à fidéliser les collaborateurs dans le temps.
Du bénéfice à une responsabilité partagée
Un autre élément concerne le rôle des organisations.
Les données montrent qu’à mesure que l’expérience professionnelle augmente, la part de formation proposée directement par l’entreprise progresse également.
Parallèlement, les Millennials et la Génération Z ont davantage tendance à rechercher de manière autonome des opportunités d’apprentissage.
La formation apparaît donc de moins en moins comme une responsabilité exclusivement individuelle ou organisationnelle, mais plutôt comme un espace de coresponsabilité entre la personne et l’entreprise.
Les organisations capables de créer des environnements d’apprentissage crédibles et accessibles ne répondent pas seulement à un besoin de mise à jour des compétences ; elles contribuent concrètement à renforcer l’adaptabilité, l’engagement et la continuité professionnelle.
Lire le changement à travers les données
Cette analyse montre que le rapport à la formation évolue en même temps que le travail.
Il ne s’agit plus seulement de se demander si la formation est importante ; la question est désormais de comprendre comment elle est utilisée, par qui elle est activée et à quels besoins elle répond.
Comprendre ces dynamiques permet de lire de manière plus réaliste les transformations du marché du travail et les attentes des individus.
Cette contribution s’inscrit dans le cadre du travail d’analyse développé par AxL – Agence pour l’emploi à partir des données de Persone & Lavoro 2026, une étude conçue pour analyser les attentes, les perceptions et les transformations qui traversent le marché du travail en Italie.
Fondée en 2004, AxL – Agence pour l’emploi accompagne chaque jour les personnes et les entreprises dans leurs parcours d’insertion, de développement et de croissance professionnelle.
Grâce à une présence étendue sur le territoire et à un dialogue constant avec les entreprises et les travailleurs, elle observe de près l’évolution du marché du travail et de ses dynamiques.
À travers des activités de recherche et d’analyse comme Persone & Lavoro 2026, elle contribue à interpréter les évolutions du marché du travail, en mettant en évidence les besoins, les attentes et les changements qui influencent les individus et les organisations.
Le rapport complet peut être téléchargé pour approfondir les données, comparaisons et analyses à ce lien :
https://www.aperelle.it/approfondimenti/report/persone-lavoro-2026/